SECTEUR I : SECTEUR DU CHENE LIEGE

Le paysage

Le paysage de ce secteur est une mosaïque de maquis bas et hauts, portant les traces de feux récents, de pelouses, sur quelques hectares de replats, de parcours extensifs, sur pentes plus ou moins fortes, avec une forêt peu étendue en bordure de cours d’eau (ripisilve). Des peuplements de chêne liège plus ou moins denses sont présents sur les replats et les pentes modérées. L’état des strates inférieures de ces peuplements est très variable, allant des parcours très dégradés aux maquis denses et fermés, avec tous les stades intermédiaires.

Paysage du Secteur I – secteur de la suberaie : au premier plan, traces de feux récents dans le maquis ; en arrière plan, traces de dégradation des parcours et peuplements clairs de chêne liège.

L’état des ressources

Les peuplements de chêne-liège sont l’objet d’une forte exploitation, sans respect des critères professionnels pour le choix des arbres et du liège prélevé. Les parcours, moyennement à très dégradés, présentent une faible biomasse et des secteurs très érodés, notamment sur les pentes fortes, en particulier les rives des talvegs. Les pelouses sur replats sont fortement dégradées par le surpâturage. La ripisilve, très encaissée, présente un peuplement assez diversifié, épargné par les feux.

Les conditions d’utilisation des ressources

Les ressources de ce secteur sont diverses, non négligeables, mais nécessitent toutes des aménagements de protection, des améliorations, et l’adoption de bonnes pratiques de gestion pour assurer leur maintien et leur renouvellement.

Les possibilités d’utilisation

Les possibilités d’utilisation de ce secteur sont essentiellement le pâturage et le liège :
- pour le pâturage, l’ensemble peut constituer le territoire d’une exploitation d’élevage, bovine ou caprine, composée de parcours, y compris sous chêne liège, avec une base fourragère sur les quelques hectares plats enherbés, sous réserve d’améliorations par retournement et implantation de prairies temporaires de longue durée avec du matériel végétal adapté ayant fait ses preuves dans des conditions semblables en Corse (type dactyle curry, ou ray-grass à fort pouvoir d’autoréensemencement),
- pour le liège, l’ensemble peut donner lieu à une exploitation intéressante d’un point de vue économique sous réserve de mettre les peuplements à l’abri du risque de feux et du surpâturage, de les améliorer, de définir un plan de gestion et d’imposer des règles précises aux utilisateurs (subériculteurs, éleveurs).

Les actions possibles

Les actions à envisager comprennent :
- la définition d’un projet d’exploitation pour l’exploitation d’élevage,
- la définition d’un plan de gestion des peuplements de chêne liège,
- l’amélioration de l‘état des ressources : débroussaillement des secteurs destinés à une utilisation sylvo-pastorale (pâturage sous chêne liège), amélioration des prairies (retournement, semis, apports) et des peuplements de chêne liège (éliminations, tailles, éclaircies),
- la pose d’équipements pastoraux et de protection des peuplements de chêne liège (clôtures, points d’abreuvement, pistes d’accès, limitées à certains secteurs).

Les projets et/ou les candidats à l’utilisation de ce secteur

Ce secteur était déjà en partie utilisé par une exploitation bovine, qui est en train d’être reprise par transmission au sein de la famille. L’avenir de l’élevage sur ce secteur paraît donc a priori assuré. Le projet de développement de la nouvelle exploitation doit être accompagné dans le cadre de la mise en place de l’AFP, pour qui il constituera une action d’intérêt prioritaire.

Le liège est prélevé par une entreprise extérieure. Son exploitation représentera à terme une source importante de revenus pour l’AFP, qui devra se positionner rapidement face aux utilisateurs actuels ou potentiels, fixer les règles du jeu à établir avec eux, et assurer leur respect.