SECTEUR IV :
SECTEUR DES PARCOURS D’ESTIVE – LA MONTAGNE

Le paysage

Malgré son altitude modérée, cette estive est caractéristique pour son paysage asylvatique, qui témoigne d’une forte pression pastorale au cours de son histoire. Elle se présente en effet comme une remarquable zone de parcours pour le bétail, offrant de vastes étendues peu accidentées et faciles d’accès.

Paysage du Secteur IV – Les parcours d’estive sur la montagne de Lentu

L’état des ressources

En raison d’une forte pression pastorale, principalement bovine, et des incendies, les milieux restent très ouverts. En particulier, les forêts d’ifs et d’houx, qui justifient le classement de la zone au titre des sites potentiels du réseau Natura 2000, sont dans ces conditions seulement présentes à l’état de relique. La montagne dispose de nombreuses sources, qui constituent l’une de ses principales richesses.

Les conditions d’utilisation des ressources

L’absence de gestion de la zone conduit à des conflits d’usage entre éleveurs de divers provenance, entre éleveurs et chasseurs ou randonneurs. La bonne gestion de ce secteur passe en premier par la définition d’un plan de gestion, établi de manière participative et concertée entre tous les acteurs et utilisateurs de ce secteur, et avec l’appui des administrations et des compétences extérieures nécessaires.

Certains aménagements apparaissent de toute évidence nécessaires, voire prioritaires, quelque soit le plan de gestion retenu. Ainsi, le principe de l’ouverture d’une nouvelle piste pour faciliter l’accès à la montagne et son contrôle par les acteurs fait l’objet d’un consensus, ainsi que son tracé. De même l’aménagement des sources ou la rénovation de la châtaigneraie située sur cette montagne s’imposent à tous comme une nécessité.

Au-delà, de nombreux points resteraient à définir dans le cadre d’un plan de gestion global de cette montagne. Ils pourraient concerner, par exemple, la définition de quartiers d’utilisation, la pose de clôtures et d’autres équipements, les conditions de rénovation et d’utilisation de l’important patrimoine de bergeries et pagliaghje présents sur la zone, ou encore les conditions d’exercice et d’accueil de différents types de randonnée, pédestre et équestre, sur cette montagne.

Les possibilités d’utilisation

Les possibilités d’utilisation de ce secteur sont multiples :
- pâturage bovin,
- pâturage ovin et caprin, avec possibilité de transformer le lait sur place et vendre le fromage aux visiteurs, ou aux villageois,
- randonnées pédestres et équestres,
- castanéiculture,
- protection et conservation du patrimoine naturel et culturel.

La volonté de la commune est de permettre la valorisation la plus harmonieuse de toutes ces ressources, pour le plus grand nombre possible de bénéficiaires, dans les limites fixées par les potentialités de la zone et par l’intérêt général.

Les actions possibles

Au-delà de l’élaboration et de l’adoption d’un plan d’aménagement cohérent, global et concerté de la montagne de Lento, les actions à envisager concerneront certainement :
- l’ouverture d’une nouvelle piste d’accès en partant du village de Lento,
- la réalisation d’équipements pastoraux (parcs de tri, points d’abreuvement, clôtures, réhabilitation de cabanes, aménagement de salles de fabrication fromagère, d’égouttage et de caves, etc.),
- la rénovation de la châtaigneraie (voir actions à envisager pour le secteur III),
- la pose d’aménagements d’accueil du public et des randonneurs pour conserver la qualité de la zone (panneaux de signalisation, d’information, aires d’hygiène, abri légers et dispositifs de sécurité),
- la protection et la mise en valeur du patrimoine naturel : aménagement et protection des sources et des mares, mise en défens des habitats à protéger pour l’if et le houx, débroussaillements, plantations nouvelles, pose de panneaux d’information, réalisation de sentiers de découverte de la nature, et de documents de sensibilisation à la rareté et à la fragilité des habitats, des espèces (discoglosse) et des peuplements (if, houx), sous forme papier ou numérique (brochures, jeux pour les enfants, vidéos, CD-Roms, etc.).

Les projets et/ou candidats à l’utilisation de ce secteur

Plusieurs éleveurs sont déjà utilisateurs de ce secteur, essentiellement bovins. D’autres éleveurs, notamment d’ovins et caprins, sont susceptibles de venir et de diversifier leurs activités sur place par la transformation et la vente de fromages. Plusieurs éleveurs ont manifesté leur intérêt à utiliser la châtaigneraie. Enfin, les acteurs de la randonnée équestre ou pédestre sous une forme organisée sont nombreux à parcourir le secteur, sans être encore tous bien identifiés pour autant.

Des éleveurs bovins ont déjà présenté diverses idées ou projets d’utilisation par eux de la montagne, tandis que des éleveurs de petits ruminants, encore peu présents sur la zone, ont également manifesté des intentions pour l’utilisation de ce secteur. Tous les projets seront pris en considération par l’AFP avec toute l’attention nécessaire.

La première action à envisager est de rassembler tous les acteurs potentiels de ce secteur pour définir avec eux un projet partenarial de territoire, sans pour autant retarder la réalisation de projets dont la nécessité s’imposerait de toute évidence, ou qui s’inscriraient de façon incontestable dans la cohérence et l’harmonie recherchées.

Le projet Natura 2000 prévoit déjà de consacrer des moyens à un certain nombre d’actions et d’aménagements. Ils concernent notamment l’ouverture de pistes, la rénovation de la châtaigneraie, la protection des sources et des mares, la protection des habitats d’ifs et de houx. En tant que gestionnaire du foncier et cofinanceur potentiel de projets d’intérêt général l’AFP facilitera la réalisation de tous les projets qui seraient susceptibles d’être retenus dans ce cadre. En retour le projet Natura 2000 apportera son concours à la réalisation des objectifs de développement durable pour lesquels l’AFP aura été constituée.